Une scéance d’Athlé … et la terre tremble

Sylvie, mosellane expatriée à Tokyo, prof de sports, raconte sur son blog ce 11 Mars 2011 dont voici le copié-collé :

Seisme du 11 mars 2011 : « Hara » le ventre Japonais grogne

 

Salut  à tous !

Si j’écris ce mail c’est que je suis en vie ! Comme vous avez pu le suivre aux infos, la terre tremble au Japon

Au moment même ou j’écris les secousses ne s’arrêtent pas depuis 2 jours. Tout le temps des petites des plus grosses, je n’y prête même plus attention.

Je vais vous raconter ma fin d’après midi de vendredi 11 mars, date d’un des séismes les plus fort (et non pas des plus meurtriers) de l’histoire du Japon

 J’étais alors au collège lycée, en  plein cours de course haie avec une classe de 4ème.

Nous étions sur le toit du collège, vous savez un toit tout plat comme celui du collège de Rohrbach lès Bitche.

Là, une piste d’athlé de 50 mètres avec 4 couloirs, des grilles vertes de 4-5 mètres de hauteur surmontée de quelques antennes et d’un hautparleur nous protègent pour ne pas tomber du haut de ces 3 étages.

33 élèves de 4ème attendent leur tour pour améliorer leur temps.

14H45, les derniers élèves passent au chronomètre des 40mètres avant la récré de 15h. Je lève mon bras, pour ne pas crier sans arrêt, signe que mes papiers mes chronos prêt, le «  A vos marque, prêt et partez » peut être lancé par un élève volontaire.

Les 2 athlètes en place, mes index sur les 2 chronos,  « A vos marques » quand tout à coup, je vois les grilles sencé nous protéger aller et venir de droite à gauche. Quel est encore ce gros malin qui s’accroche comme un singe aux grilles. Puis mes genoux tremblent, mon corps se balance alors que je n’ai n’exerce aucune action. La terre nous berce sans nous demander notre avis. Il ne faut pas longtemps pour que toute la classe à distance de 40mètres d’eux comprenne que c’est un tremblement. Pas de panique ca va passer. On ne bouge pas, on reste, on attend que ca passe. Les premiers cris de «  eh un tremblement » s’évaporent. Je ne peux riens leur dire, tétanisé comme eux en « attendant que ca passe rapidement ».Rapidement ! Mais non, les 30 secs critiques s’étirent à n’en plus finir. La minute passe, au lieu de se calmer les secousses redoublent de puissance. On dirait du vent, un vent fou mais puissant qui souffle si fort qu’il emmène la terre, il souffle sur elle et nous secoue malgré nous. Grand orgueil maitre de l’univers tu parles. En 3 minutes c’est la panique devant la mère terre qui s’éveil.

L’euphorie de vivre un tremblement pour l’expérience, dire qu’on a « vécu » un tremblement vire au «  eh merde c’est du sérieux ! ».  Les enfants sous ma responsabilité me lancent des regards se traduisant par «  madame !!!! On fait quoi ! ». Que faire sur le toit d’un troisième étage malmené comme si les mains de dieux avaient pris le bâtiment entre ses 2 mains pour nous secouer et nous gronder. Seulement derrière les grilles on voit les autres bâtiments qui vacillent eux aussi. Ce n’est pas que nous. L

 «  Tout le monde descend !»Ai-je à peine le temps de crier . Qu’ en panique mes 33 loups sauvages tel un soir de pleine lune dévalent les escaliers comme des ivrognes. Ils tanguent à droite à gauche, quant ils ne s’arrêtent pas net dans les escaliers pour s’accrocher à la rampe tellement la terre nous en veut. On dirait qu’on secoue une boite à chaussure avec des lilliputiens à l’intérieur, et nous sommes ces petits Hommes.

Je descends la dernière. Une image me reste en tête, celle du genre qui reste a vie sans l’avoir demander.

En haut des escaliers je vois Justin un élève sérieux gentil et maintenant appeuré. Le dernier qui ne sait plus quoi faire, on se regarde les yeux grands ouverts, on ne peut plus continuer sans risque de tomber dans les escaliers.tellement les secousses sont fortes Ses yeux rond, inquiet et paniqué plutôt qui me disent «  madame ! ca va nous tomber dessus ! »

Il s’accroche au mur, les traces d’ongle mou dans la peinture durcie. On se jette à l’eau,  on dévale les marches comme on peut. Le plafond va nous tomber sur la tête ? L’autre classe de sport est déjà dans la cour. Les autres élèves dans les salles de classes doivent être sous les tables.

On se regroupe au centre de la cour. Le premier grand séisme de 8.8 en mer sur l’epicentre sur l’échelle de Richter vient de nous être vécu en live ! Pour nous ce n’est qu’un petit 5

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